Incantation pour l’An 26 : mémoire, métamorphose, survie

Incantation pour l’An 26 : mémoire, métamorphose, survie
Écoute.
À l’approche de l’an 26, quelque chose remue dans les profondeurs.
Le poisson-clown, battu par la fièvre des eaux,
se rétrécit pour survivre,
se replie pour renaître,
comme si le monde commandait :
deviens plus petit pour que ton souffle devienne plus vaste.

Écoute encore.
Dans les chambres secrètes de la mémoire,
Alessandra Calò rallume des visages perdus.
Elle touche les archives comme on touche une peau endormie, elle dénoue les fils du temps, elle murmure aux images oubliées :
– réveillez-vous, le présent a besoin de vous.
Ses œuvres sont des incantations de papier, des rituels pour empêcher l’oubli de gagner.

En redonnant souffle à ce qui a été, Alessandra Calò nous enseigne que l’identité n’est jamais figée, mais toujours en transformation, comme le poisson-clown qui accepte de changer de forme pour continuer d’exister.

Et au-dessus de cette tension entre effacement et renaissance plane la sentence d’Artaud : 
 » 
Toutes les époques sont dégueulasses. »
Oui, toutes les époques portent leur fardeau, leur laideur, leur chaos. Mais derrière cette crudité se cache peut-être un appel : celui de ne jamais céder à la complaisance, de ne jamais accepter l’étouffement du vivant, de ne jamais croire que le monde est un fait accompli.

L’an 26 ne sera pas une année de confort.
Mais il peut être une année de lucidité.
Une année où l’on choisit de rétrécir ce qui encombre pour agrandir ce qui compte.
Une année où la mémoire, comme chez Alessandra Calò, devient un espace de transformation.
Une année où, malgré la rudesse du temps, on continue à créer, à penser, à ouvrir des brèches dans l’obscurité.

Car s’il est vrai que toutes les époques sont dégueulasses,
il est tout aussi vrai que chacune porte en elle
un endroit où recommencer.
A nous de le faire exister. 

Back To Top